
Tous les dossiersInscrite à l'inventaire des Monuments historiques, l'ancienne « usine à deuil » devient lieu de production et de création artistique. Deux salles de spectacles de 200 et 400 places, 18 ateliers et une douzaine de bureaux, des scènes modulables et autres lieux de répétition, y ont été aménagés. À sa tête, deux metteurs en scène de théâtre : Robert Cantarella et Frédéric Fisbach.
Des spectacles pas chers
Le premier a été directeur du Centre dramatique national de Dijon, le second du Studio-Théâtre de Vitry. Ils envisageaient de partir travailler à l'étranger quand l'appel à candidatures de la Mairie de Paris leur a tapé dans l'oeil. L'idée du 104, c'est de « faire travailler des artistes dans une relation permanente au réel, au public. »
Concrètement, 200 musiciens, plasticiens, photographes, designers, écrivains, chorégraphes, metteurs en scène, vidéastes ou cinéastes « d'aujourd'hui » y seront accueillis en résidence pour des périodes de deux mois à un an. Un jury composé d'artistes, de programmateurs, assurera la sélection de candidats du monde entier. Leur contrat avec le 104 implique qu'ils ouvrent les portes de leur atelier et pratiquent des tarifs très bas (entre 3€ et 5€).
Réussir le brassage des gens
L'autre originalité du 104 « pour laquelle on ne va pas se faire que des amis, anticipent les deux directeurs, c'est de jouer une complémentarité entre service public et ouverture au privé qui se pratique sans complexe aux États-Unis. La mairie participe à hauteur de 8 millions d'euros au budget annuel de fonctionnement de 12 millions d'euros. À nous de trouver les 4 restant en commercialisant l'espace. »
En juin, une pépinière d'entreprises, des magasins (dont un... de sport), un café, un restaurant, une librairie devraient ainsi y voir le jour. L'espace sera loué ponctuellement pour des défilés, galas d'entreprises...
L'enjeu est d'importance : réussir le brassage des genres et des gens dans l'un des arrondissements les plus populaires de la capitale, en ce moment plus souvent abonné à la rubrique des faits divers qu'à la gazette des arts. « Pas question de greffer artificiellement ici un truc de bobos. Les premiers spectateurs seront les gens du quartier ! »
Pascale Vergereau.
