Le Kosovo reconnu par deux de ses voisins
La Macédoine et le Monténégro complètent les 50 premiers pays à avoir reconnu l'indépendance de l'ex-région serbe, au grand dam de Belgrade.
Le Monténégro et la Macédoine ont décidé de reconnaître l'indépendance du Kosovo, proclamée le 17 février. Un pied de nez à la Serbie alors que Belgrade venait d'obtenir à l'Onu une enquête sur la légitimité de cette indépendance et de renvoyer ses ambassadeurs dans les pays d'où elle les avait retirés depuis février. Belgrade a aussitôt renvoyé les ambassadeurs du Montenegro et de Macédoine. 50 États, dont 22 dans l'Union européenne, reconnaissent désormais le Kosovo.
Pression des USA et des pays occidentaux
Le gouvernement monténégrin est passé outre à l'opposition virulente de la communauté serbe (30 % de la population du pays) et de la puissante Église orthodoxe. En Macédoine, le Parlement a pris la même décision, au terme d'une longue séance exceptionnelle convoquée à la demande des partis albanais, qui disposent de 25 élus sur les 120 du Sobranje, le Parlement macédonien.
Depuis le 17 février, le Monténégro et la Macédoine sont pris entre plusieurs feux. Les USA et les pays occidentaux exercent de lourdes pressions en faveur de la reconnaissance. Dans le même temps, la Serbie reste leur premier partenaire commercial et agite la menace de sévères mesures de rétorsion. Tous trois aspirent à rejoindre l'Union européenne.
Qu'en pensent les Monténégrins et Macédoniens ? Les partis représentant la communauté albanaise de Macédoine (25 % de la population du pays) militent naturellement pour la reconnaissance, mais l'opinion macédonienne y est très hostile. Au Monténégro, les Albanais ne représentent que 7 % de la population du pays, tandis que la reconnaissance risque de provoquer de vives réactions au sein de la communauté serbe. Les partis de l'opposition pro-serbe annoncent d'ailleurs déjà des manifestations, pour que « la voix des citoyens se fasse entendre dans la rue ».
Jean-Arnault DÉRENS.