Le Nobel de la paix à un médiateur finlandais
Martti Ahtisaari félilcité par l'actuelle présidente finlandaise Tarja Halonen : AFP
L'attribution du Nobel de la paix à l'ex-président finlandais, Martti Ahtisaari, a été saluée dans plusieurs pays, notamment là où il a agi comme médiateur.
Martti Ahtisaari, auquel le Comité Nobel décerne son prix le plus prestigieux, a consacré toute sa vie à la paix. Il est de ceux qui ont le plus contribué à la faire éclore, sur tous les continents, avec le plus de constance.
De l'indépendance de la Namibie au Kosovo
Ce Finlandais de 71 ans fut, certes, le premier président de la République élu de son pays. À ce titre, il présida à l'entrée de la Finlande dans l'Union européenne puis dans la zone euro. Mais sa vocation le portait vers le grand large. Dans son cas, il a qualifié, avec humour, la politique intérieure d'« aventure extra-conjugale ».
Membre de l'association des jeunes chrétiens (YMCEA), instituteur de formation, il milite très tôt pour le développement, à partir d'un séjour de trois ans au Pakistan, comme animateur sportif. Cela le pousse vers la diplomatie. Après un premier contact avec l'Afrique comme ambassadeur en Tanzanie, il accompagne, pendant quinze ans, au nom des Nations unies, la marche vers l'indépendance de la Namibie. L'émancipation pacifique de ce territoire de la tutelle sud-africaine est l'aboutissement dont Ahtisaari est le plus fier, « car elle a pris énormément de temps ».
Puis les missions s'enchaînent. Il fait partie des médiateurs qui mettent fin à la guerre du Kosovo. Il est chargé de vérifier le désarmement effectif de l'Iran en Irlande du Nord. L'Onu le nomme représentant spécial pour la crise humanitaire dans la Corne de l'Afrique. Il réussit à mettre fin à trente ans de guerre civile entre le gouvernement indonésien et la province indépendantiste d'Aceh.
Son seul échec -- cuisant -- est de n'avoir pas pu mettre d'accord Serbes et Kosovars albanais sur le statut du Kosovo. Face à un double mur, il finit par rendre son tablier de représentant spécial de l'Onu et de l'Union européenne. Mais il continue le combat à la tête de son organisation non gouvernementale (Crisis Management Initiative), persuadé qu'« un bon traité de paix est plus simple que le mode d'emploi d'un appareil ménager ».
Joseph LIMAGNE.