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samedi 11 octobre 2008

Les victimes de l'amiante veulent un grand procès

Des milliers de victimes de l'amiante (2.500 selon la police, 6.000 selon les organisateurs) ont défilé samedi à Paris "pour la justice et contre l'oubli", afin que se tienne "le grand procès pénal de l'amiante", dont les effets provoquent la mort de 3.000 personnes par an.

Venus de toute la France, comme à chaque rentrée depuis quatre ans, à l'appel de l'association nationale des victimes de l'amiante (Andeva), ils ont marché en silence, derrière deux grands mannequins représentant la Justice et une victime de l'amiante en tenue d'hôpital, jusqu'aux abords du ministère de la Justice.

Au passage, ils ont tendu une banderole au-dessus du porche de l'hôtel particulier de Bernard Tapie, avec l'inscription "ministère de l'Injustice", pour pointer l'écart des indemnisations pour "souffrances morales", "selon que l'on est riche ou pauvre".
"42 millions d'euros pour l'homme d'affaires, 30.000 et 40.000 pour la victime de l'amiante", souligne Michel Périgot, vice-président de l'Andeva.
Utilisé massivement dans l'industrie pendant des décennies, l'amiante n'a été interdite qu'en 1997, alors que huit pays avaient déjà pris une telle mesure.












L’engagement de Rachida Dati







Dans l’Ouest, l’amiante a été particulièrement utilisée dans l’industrie automobile installée dans le Calvados et l’Orne, le long de la vallée de la Vère.
"Aujourd'hui
les victimes sont indemnisées, plus ou moins bien et avec des délais de plus en plus longs, mais cela ne suffit pas, les responsables de cette catastrophe qui pourrait causer la mort de 100.000 personnes d'ici 2025, doivent être traduits en justice, pour que cela ne recommence pas", a lancé le président de l'Andeva, François Desriaux.
"On a l'impression que les pouvoirs publics n'ont pas très envie que cela aille vite", dit-il, affirmant "ne pas être rassuré" par l'engagement samedi de la ministre de la Justice, Rachida Dati, de consacrer plus de personnels pour l'instruction du dossier.
Derrière la banderole "Non à la double peine, mourir d'amiante et d'indifférence", ont défilé "ce qui reste" des salariés d'Amisol à Clermont-Ferrand, usine d'amiante fermée en 1974.
"Tous les survivants sont malades, on a été indemnisé, mais quand on gagne le Smic et qu'on est en pré-retraite amiante, on crève de misère et d'isolement", témoigne Josette Roudaire, ancienne ouvrière.




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