
Le président de l'Olympique Lyonnais, seul club français coté en Bourse à hauteur de 30 % depuis janvier 2007, assure. « Le club de football qui connaît des difficultés aujourd'hui est celui qui est endetté. » Cela n'est pas le cas de l'OL, dont le budget actuel est de 200 millions d'euros, et qui a réalisé un bénéfice net de 20,1 millions d'euros, soit une progression de 8 % sur un an, pour l'exercice 2007-2008.
« Nous sommes entrés en Bourse au bon moment, poursuit « JMA ». Cela nous a permis de lever 90 millions d'euros. Ils sont disponibles. » Pour le projet de la construction du complexe OL Land, et de son nouveau stade de 62 000 places à l'horizon 2013, soit trois ans plus tard que prévu. Son coût, estimé à 250 millions d'euros, provoque le désaccord des élus Verts du Grand Lyon, soucieux de la baisse du pouvoir d'achat du citoyen lyonnais, éventuel supporteur de l'OL.
« Une DNCG européenne ?Un voeu pieux »
« Actuellement, les seules personnes touchées sont les actionnaires. Et j'en fais partie. » Ayant acheté l'action de la holding OL Group 24 €, elle valait 9,10 €, hier, à la fermeture, a perdu plus d'un tiers de sa valeur en cinq mois. « Des clubs comme Manchester United peuvent voir leurs investisseurs disparaître. Leur actuel propriétaire (l'assureur américain AIG) est fortement endetté. Mais on voit d'autres investisseurs apparaître, comme l'émir d'Abou Dhabi à Manchester City. » Le ballon de la fortune roulera toujours...
« Cependant, si la crise se poursuit comme en 1929, le foot va être touché, tout comme le show-business, par exemple. Les transferts élevés seront peut-être moins nombreux. » Donc plus accessibles pour les moins fortunés. Suivez notre regard...
A l'inverse de certains de ses homologues anglais, italiens, ou espagnols, l'Olympique Lyonnais ne paraît donc pas être en danger « Avec la crise, il faut savoir se remettre en cause : tout est menacé dans le financement », a, pourtant, récemment, déclaré Aulas.
L'idéal ne serait-il pas d'instaurer à l'échelon européen une DNCG (Direction nationale de contrôle et de gestion) comme elle existe en France ? « Je n'y crois pas beaucoup, note Jean-Michel Aulas. Pour gérer au mieux la crise, et ses conséquences, on voit, aujourd'hui, que chaque état essaye de trouver la solution propre à son pays qui lui permettra d'être moins touché. Alors, une DNCG européenne, c'est un rêve pieux ! »
Au bout du compte, la crise financière ne va-t-elle pas permettre au football de remettre les pieds sur la terre de la raison économique ? « Déjà qu'il n'y a pas d'harmonisation des règles fiscales à l'échelon européen. Alors... constate Jean-Michel Aulas. Il faudrait, au moins, un plafonnement de la masse salariale globale. La compétition serait plus homogène. »
Elle pourrait, alors, permettre à l'OL de caresser enfin son rêve : faire partie des quatre meilleures équipes européennes en Ligue des champions. Aujourd'hui, cela a un prix. Il n'est pas encore celui de l'Olympique Lyonnais.
Didier CHEVALIER.
La vente des produits dérivés touchée ?
Tandis qu'aucun match n'a permis de remplir le stade de Gerland depuis le début de cette saison, la vente des produits dérivés peut être ralentie par la crise. « Il va y avoir un resserrement, et nous allons devoir être compétitifs », souligne Jean-Michel Aulas. Le porte-monnaie du supporteur est devenu plus léger. « Nous n'ignorons pas que les places au stade les plus chères vont être en ligne de mire. Les entreprises vont revoir leur budget. Il va y avoir des conséquences sur l'occupation des loges, le sponsoring. » Le coût de la location d'une des 36 loges du stade de Gerland varie entre 6 000 et 8 000 euros par place pour la saison, championnat et Ligue des champions compris.
d'une belle régularité depuis six ans. Etat des lieux.
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