Ils s'intéressent à ce qui se passe autour d'eux, dans le monde, dans leur pays, dans leur région, dans leur ville. Ils veulent s'informer, se faire leur opinion, comprendre les événements et en discuter. Ils regardent la télévision, écoutent la radio. Ils lisent les journaux quand ils sont à leur portée : dans les écoles, les trains, les bus et les métros pendant la semaine, à la maison le dimanche, sur internet à tous moments.
Mais ils trouvent que la presse écrite les boude en ne leur prêtant pas assez d'attention : pourquoi les journaux ne parlent-ils pas de ce qui nous intéresse dans l'actualité ? Pourquoi sont-ils si obscurs et difficiles à lire ?
Telles étaient les questions des 150 lycéens réunis à Lyon lors de la journée de débat des états généraux de la presse écrite. Pendant plusieurs semaines, ils ont lu, étudié et comparé les journaux entre eux avec le soutien des professeurs du Clémi, chargés de faire connaître la presse écrite aux élèves.
Parmi les lycéens, se trouvaient de jeunes malvoyants. Pour eux, lire un journal c'est le parcours du combattant : sur les éditions imprimées, les caractères sont trop petits ; sur internet, l'encombrement des écrans rend extrêmement laborieux, long et fatiguant, le repérage des informations qu'ils voudraient lire. Cette lecture leur demande un tel effort qu'elle devrait leur être facilitée.
À l'occasion des États généraux de la presse, avec pudeur et dignité, ces jeunes ont fait comprendre qu'ils avaient besoin d'être informés comme les autres. Ils demandent que les professionnels de l'information les prennent davantage en compte en leur simplifiant l'accès aux informations. Leur attente rejoint, sous une autre forme, celle des autres lycéens. Ils souhaitent que les journaux soient plus lisibles et plus accessibles, davantage présents dans les familles, les transports, les écoles. Ils souhaitent qu'une partie du temps scolaire soit consacré à lire la presse. Ils espèrent que les journaux répondront à leur soif d'informations en choisissant mieux les sujets qui les intéressent, en les présentant de manière plus agréable et plus simple.
Alors que la presse écrite est en grave crise, elle ne devrait pas pour autant négliger ses efforts envers la jeunesse. Intéresser son esprit à la course du monde, c'est lui permettre de se forger son propre jugement pour agir et choisir en connaissance de cause. Répondre à ses attentes, c'est l'encourager à participer à la vie de la Démocratie. À l'heure où notre société semble perdre de vue le Bien Commun et s'enferrer dans les intérêts particuliers, il est grand temps d'aider les générations montantes à regarder vers l'horizon.
Jeanne Emmanuelle HUTIN.
Jeanne Emmanuelle HUTIN.