Un chef important de l'ETA arrêté à Cauterets
Gendarmes et policiers ont investi le centre de Cauterets, lieu de l'arrestation de « Txeroki ». Photo : AFP
« Txeroki » est soupçonné d'être l'auteur du meurtre de deux policiers espagnols, fin 2007, sur le parking d'un supermarché de Capbreton (Landes). Il a été transféré à Bayonne hier soir.
Les gouvernements espagnol et français ne boudaient pas leur plaisir, hier, après l'arrestation du chef présumé de l'appareil militaire de l'organisation séparatiste basque ETA, Garikoïtz Aspiazu Rubina, dit « Txeroki ». C'est, selon Jean Chalvidant, spécialiste français de l'ETA, « le coup le plus important, depuis le 3 octobre 2004, et l'arrestation à Salies-en-Béarn (Pyrénées-Atlantiques), de Milkel Albizu, alias Mikel Antza ».
Repéré depuis quelques jours
« Txeroki » - « pivot essentiel de l'ETA » - est soupçonné d'être l'auteur des meurtres de deux gardes civils espagnols chargés de le filer, sur le parking d'un centre commercial, à Capbreton (Landes), le 1er décembre 2007. Il aurait, en outre, ordonné l'attentat à la voiture piégée de décembre 2006, à l'aéroport de Madrid, qui avait fait deux morts et torpillé les négociations de paix avec le gouvernement espagnol.
Les policiers du Raid sont intervenus chez « Txeroki », à Cauterets (Hautes-Pyrénées), à 3 h 30 du matin, dans le cadre d'une commission rogatoire de la juge antiterroriste Laurence Le Vert. Il a été arrêté en compagnie d'une femme, soupçonnée d'être aussi membre de l'ETA et dont l'identité n'a pas été fournie. Selon la ministre de l'Intérieur, « Txeroki » « avait été logé (repéré) depuis quelques jours ». Il louait, depuis la semaine dernière, un studio dans le centre de Cauterets. La perquisition a permis la saisie d'une arme de poing, d'un ordinateur et de faux documents administratifs français et espagnols. « Txeroki » n'a fait aucune déclaration. Hier soir, il a été transféré à Bayonne.
Cette arrestation, « ça va les plomber, ça va considérablement les gêner, car « Txeroki » était très actif ces derniers mois », a expliqué un responsable policier. Le meurtre des deux gardes civils, Fernando Trapero et Raul Centeno, avait soulevé une vive émotion en Espagne. Toujours selon Jean Chalvidant, l'ETA, c'est aujourd'hui « 300 personnes, 300 durs ».
Hier, un autre membre historique de l'ETA, Juana Chaos, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt européen, s'est présenté de son propre chef devant un tribunal de Belfast, en Irlande du Nord. Libéré en août, cet homme ne s'était pas présenté, la semaine dernière, à une convocation de la police. Il avait passé vingt et un ans en prison pour vingt-cinq assassinats. Il a été remis, en fin de journée, en liberté conditionnelle.