epuis quil fut remis à Mgr Brossays Saint-Marc vers 1850,
le Cartulaire de Redon est conservé aux Archives historiques du diocèse de
Rennes.
Il est constitué dun ensemble de 147 parchemins, donnant le texte de
391 actes qui vont de la fin du VIIIe siècle à la première moitié du XIIe..
Les
" chartes ", regroupées en " cartulaire ",
détaillent des donations, des achats, des règlements de litiges.... qui ont marqué
lévolution de lAbbaye de Redon depuis sa fondation en 832.
" Ces
documents, écrivait l'historien Arthur de LA BORDERIE en 1901, sont parmi les plus
intéressants pour lhistoire de France, et pour lhistoire de la Bretagne, un
monument dune importance souveraine et unique. " Cest vrai
pour la vie économique, alors essentiellement agraire, aussi pour lorganisation
sociale, et pour lhistoire de cette période où la Bretagne était un royaume. Ce
fut une période glorieuse grâce aux rois, Nominoë, Erispoé, Salomon, Alain le Grand.
Sans le cartulaire, ces noms seraient d'ailleurs restés quasiment ignorés
Jusquà ce
jour, les chercheurs et les érudits navaient à leur disposition quune
transcription latine de 1863. et, depuis une vingtaine dannées, un microfilm. Une
Association des amis des archives historiques du diocèse de Rennes, créée en
juillet 1997, a pris linitiative déditer un fac-similé de lensemble
des parchemins, afin quils deviennent accessibles à tous.
En introduction,
trois universitaires particulièrement qualifiés pour cette période du Moyen-Age, Hubert
Guillotel, André Chédeville et Bernard Tanguy, détaillent le contexte de
lhistoire de labbaye de Redon, la forme et le fond des chartes, leur intérêt
pour la connaissance de la civilisation médiévale, les noms dhommes et de lieux
contenus dans ces pages.
Afin de permettre
une première approche des textes, quelques extraits dactes sont présentés avec
leurs transcriptions, leurs traductions et un commentaire historique.
Dun
intérêt historique indéniable, louvrage est aussi un livre dart. En effet,
la calligraphie de la très grande majorité des parchemins est très belle ; elle est
réalisée en lettres " carolines ", mises au point du temps de
Charlemagne, et toujours utilisées en imprimerie.
Bien quil
ny ait pas denluminures, des initiales finement ornées, rehaussées de vert,
rouge et bleu, illustrent lensemble des textes, témoins du soin apporté pour
recopier les chartes.